Comme dans Les filles de Caleb, mais version 2017

Romance,

J’aimerais te raconter la plus belle histoire qui nous est arrivée, à ton père et moi. Cette histoire, c’est le début de la plus belle aventure que nous allons traverser ensemble: la parentalité.

Elle débute par neuf mois d’une grossesse agréable. Je poursuis mes activités physiques (courses et yoga) jusqu’à six mois. J’ai la forme et tu tardes à apparaître. Nous commençons à t’apercevoir à six mois environ. Tu es si petite et fragile. Par contre, tu es très active dans mon ventre. Je m’amuse à dire que tu es déjà très sportive. Tu me fournis toute l’énergie nécessaire pour que je poursuive mon travail, mes études et que je puisse aussi m’investir dans d’autres projets.

À partir de huit mois, je décide de diminuer la cadence. Je crois que tu es contente de ça. Je communique beaucoup plus avec toi et nous discutons ensemble de ce qui nous attend, l’accouchement. Je me prépare mentalement. J’ai des rencontres avec notre accompagnante à la naissance, Camille. Elle me fournit des outils pour contrôler la douleur, elle m’aide à préparer mon mental. Mais surtout, je prépare la maison. Tu ne peux pas t’imaginer à quel point plusieurs objets sont sortis de la maison. Je visualisais mon accouchement dans une maison épurée et propre. J’ai préparé mon nid jusqu’aux dernières minutes avant ton arrivée. Durant ce dernier mois, ton père et moi, nous en avons eu des projets. Décapage de meuble, peinture, rangement, préparation de ta chambre (eh non, elle n’était pas encore faite!), etc. Les gens autour de nous nous trouvent intenses, mais ça, ce n’est pas nouveau. Aussi, je commence de plus en plus à t’appeler par ton nom, Romance. Ton père me dit que je ne devrais pas puisque nous ne connaissons pas ton sexe, mais j’ai le fort sentiment que tu es «elle».

Une autre chose à laquelle je suis persuadée, c’est que tu feras ton apparition le mercredi, soit la veille de la date prévue. La semaine précédent cette date, tu commences à me faire sentir ton impatience. Je te parle beaucoup. Je te demande d’attendre encore quelques jours. Je travaille encore. À 39 semaines et ½, je prends enfin mon congé de maternité. Tout le monde est très heureux de cela.

Nous sommes mardi et depuis deux jours je perds du liquide. Est-ce du liquide amniotique ou est-ce parce que tu es si basse que tu pèses fort sur ma vessie ? Nous ne prenons pas de chance et allons voir la sage-femme. Nous n’avons pas de réponse concluante donc nous procédons à un décollement des membranes. Des petites contractions se font ressentir. Ton papa et moi sommes un peu énervés. Après neuf mois, nous allons enfin pouvoir avoir réponse à toutes nos questions. Es-tu une fille ou un garçon? À qui ressembles-tu le plus? J’ai de petites contractions toute la journée, mais je ne sens pas que le gros travail débute. Nous allons au ciné-parc, car ton père tient à ce dernier petit moment en couple. Je ne comprends pas trop parce que ça ne prend pas plus de 30 minutes à ta mère pour s’endormir devant un film.

Bon, nous sommes maintenant mercredi, la journée où j’ai l’impression que quelque chose va se passer. Je communique avec mon accompagnante pour qu’elle me donne des trucs afin de faire avancer le travail. La recette est fort simple : du repos, beaucoup de proximité avec papa et je dois aussi stimuler ma production de lait. Je suis la recette à la lettre. Je fais deux siestes en après-midi, mais j’ai encore besoin de ranger la maison. Tu es comme de la nouvelle visite et je veux que tout soit à sa place pour ton arrivée. Vers 17h00, les contractions sont plus fortes, mais tolérables. Vers 20h00, je demande à ton père de démonter une penderie dans la chambre. Je désire une chambre épurée pour ton arrivée. Enfin la maison est à mon goût. Ton père prépare les trucs pour l’accouchement : du café fraichement moulu pour les sages-femmes, il fait de la place dans le stationnement, il prépare le lit, il nous installe des chandelles et voilà! Nous sommes vraiment dans un état de zénitude. Nous regardons le film Les pages de notre amour. Lui dans le lit et moi sur mon ballon en train de faire des exercices qui t’aideront à faire ton chemin.

Les contractions sont de plus en plus fortes. Papa a installé une application sur son cellulaire permettant de calculer les contractions. C’est drôle au début, mais rapidement il est le seul à avoir du plaisir. Je suis en communication plus serrée avec ma sage-femme et Camille. Je vais prendre un bain vers 21h00 et les contractions diminuent. Je continue mes exercices sur le ballon et le film se poursuit. Vers 23h30, je décide d’aller prendre un autre bain puisque j’ai encore des contractions qui s’intensifient.

En 10 minutes, j’ai trois fortes contractions. Je ne comprends pas trop ce qu’il se passe, car tout a changé drastiquement. La prochaine étape est d’aller s’allonger sur le lit pour voir si les contractions vont diminuer. Je me relève du bain et je perds mes eaux. Ton papa s’empresse d’appeler la sage-femme. Elle sera là dans 20 minutes. J’ai de la difficulté à rester debout dans le bain et je n’ai pas la force d’en sortir. À chaque contraction, je m’accroupis dans le bain. Tu descends de plus en plus. À un certain moment, je sens quelque chose tout près. Je touche ta tête à l’intérieur de moi. Je crie à ton père : « Je sens la tête, elle est tout près ». Ton père texte la sage-femme « La tête est là! ». Il ne voulait pas qu’elle parle au téléphone en conduisant. Elle nous rappelle tout de suite et reste en communication avec nous. Elle s’assure que nous allons bien, mais moi j’ai mal. Je crie les sensations que je ressens : ça chauffe, j’ai mal, je sens que ça descend… Nous comprenons alors que la sage-femme n’arrivera pas à temps. Sans pouvoir me retenir, une contraction arrive, je pousse accroupie dans le bain de toutes mes forces. Ta tête apparaît dans les mains de ton papa. La sage-femme, toujours en ligne, me dit que je vais devoir pousser pour que ton corps sorte à la prochaine contraction. Je me laisse guider, j’ai confiance. Nous travaillons ensemble et tu sors enfin. Tu avais décidé de faire ça en famille cet accouchement.

Je me suis assise dans le bain et ton père t’a mise dans mes bras. Peau à peau, bouche au sein, nous avons fait connaissance. J’ai demandé à ton père : «  C’est qui, c’est qui? » Il m’a murmuré : « C’est Romance mon amour ». Les larmes ont coulé. Le plus beau jour de ma vie a commencé à 00:22, le 27 juillet 2017.

Bienvenue Romance

Ta maman

4 thoughts on “Comme dans Les filles de Caleb, mais version 2017

  1. 38 ans plus tard c’est toujours le plus beau jour de ma vie…la naissance de mon garçon….le cœur trop gros encore quand j’y pense . Et pourtant j’ai eu beaucoup de bonheur!

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